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Réussir sa vie : une architecture invisible?

27 décembre 2009
Réussir sa vie : une architecture invisible?

La notion de réussite est omniprésente, de l’école à notre vie professionnelle, en passant par notre vie de famille, tout y passe pour mesurer combien nous sommes « successful ». On peut tout réussir, tout « gérer ». Il faut gérer son image (le personal branding est en plein développement, je ne sais s’il faut s’en inquiéter ou s’en réjouir), gérer ses émotions, gérer son temps, sa carrière. Et pour gérer sa vie rien de tel que d'imiter les gens efficaces, qui savent s'y prendre, eux! De nombreux ouvrages pour modéliser ces "gagnants" existent et je n'en citerai point ici afin de ne pas, en plus, leur faire de publicité!

Mais au fait cela pourrait vouloir dire quoi

« réussir sa vie » ? Réussir un examen d'accord mais réussir sa vie… Peut on échouer à l'examen de la vie pour lequel le manuel n'est pas fourni au départ ?

Peut-on réussir sa vie et par opposition faire échouer sa vie ?

L’idéologie gestionnaire (selon la terminologie de Vincent de Gauléjac) et son corollaire, le culte de la performance, est partout… Comme une architecture invisible (cf les travaux de Jean François Noubel), elle agit sur nous inconsciemment. L’importance que cette impératif de gestion et de réussite a pris dans nos vies dépasse largement le cadre professionnel.

Si nous devenons les gestionnaires de nos vies, nous pouvons alors nous demander qui est en train de vivre notre vie pendant que nous la gérons ?

Alors le sujet ne serait il pas plutôt : vivre ou ne pas vivre sa vie ? Vivre sa vie sans la perdre et sans se perdre ?

Voilà un sujet qui me paraît plus essentiel. A partir de quand est ce que je renie ce que je suis, mes valeurs, mes motivations profondes pour « réussir dans la vie ? » Pour....quoi, finalement ?

Faut-il attendre le point de non retour pour répondre à cette question ? Évidemment, ma question est une invitation à cheminer, à ouvrir des portes... Et comme les fruits qui tombent à maturité, les réponses finiront par émerger de ce terreau fertile qu'est le questionnement. Une invitation à vivre sa vie plutôt que de chercher à la réussir.

Pour aller plus loin

Sur la notion d'architecture : PDF

Vincent de Gauléjac, La société malade de la gestion